• Passages Couverts

    Passages couverts à la lumière zénithale

    (cliquer sur les photos pour les voir dans leur taille réelle) 

    Passages aux verrières zénithales

     

    Secrets et souvent méconnus, les passages couverts nous racontent le Paris du tout début du XIXe siècle.

    Ils sont les témoins de l’histoire de Paris et l’association "Passages et Galeries" qui œuvre pour leur préservation, en propose régulièrement des visites guidées.

    De façon typique, les passages couverts de Paris forment des galeries tracées au milieu des immeubles ou construites en même temps qu'eux. Ces galeries sont couvertes par une verrière offrant un éclairage zénithal  qui leur confère une lumière particulière.

    La plupart des passages couverts, inspirés de la mode orientaliste rapportée par Napoléon Bonaparte lors de sa campagne en Egypte, furent construits dans la première moitié du 19è siècle, afin d'abriter une clientèle aisée des intempéries et de proposer un ensemble de commerces variés dans un lieu agréable propice à la promenade où il était en vogue de se montrer.

    Nombre de ces passages couverts se trouvaient à proximité de terminus de diligence, ce qui faisait bénéficier les commerçants d’un flux continu de voyageurs, cela explique la présence d’horloge dans de nombreux passages et galeries.

    Paris comptera jusqu'à 150 passages couverts dans les années 1850 et exportera le modèle vers plusieurs autres villes en France puis à l'étranger à la fin du 19è  siècle.

    Les grands travaux du baron Haussmann et la construction de grandes gares qui remplacèrent les relais de diligences sonnèrent la fin des passages parisiens. Il n’en reste aujourd’hui qu’une vingtaine, très prisés des Parisiens et des visiteurs, presque tous situés sur la rive droite entre le quartier de l’Opéra et les Grands Boulevards. 

     

    Passages aux verrières zénithales

    Passage des panoramas à Paris

     

    Le passage des Panoramas est le plus ancien passage couvert parisien.Il est situé entre la Bourse et l’Opéra dans le 2ème arrondissement, accessible par plusieurs entrées : 11 boulevard Montmartre, 158 rue Montmartre, 10 rue Saint Marc, et 38 rue Vivienne. Sous la verrière du passage très lumineux, s’accumulent galeries adjacentes, restaurants et boutiques. 

    Édifié en 1799, il a su conserver son cachet d’antan et son entrain commerçant, il fut bâti à l’emplacement de l’hôtel particulier du Maréchal Charles-François de Montmorency, Duc de Luxembourg et petit fils du « tapissier de Notre-Dame ». Jusqu’en 1831 deux tours rondes d’une vingtaine de mètres de haut marquaient l’entrée du côté du boulevard Montmartre.À l’intérieur des tours étaient exposés des dessins panoramiques circulaires qui firent le succès du passage et lui donnèrent son nom. 


    Passages aux verrières zénithales

    En 1807 est construit le Théâtre des Variétés à gauche de l’entrée boulevard Montmartre, le succès du passage se renforce quand Offenbach y triomphe sous le Second Empire, durant cette période l’endroit est très à la mode et toute la bourgeoisie s’y presse attirée par cette rue à l’abri des intempéries et premier lieu public parisien doté en 1817 d’un éclairage au gaz.

     

    Passages aux verrières zénithalesEn 1834, l’architecte Jean Louis  Grisard  entreprendra des travaux de rénovation ainsi que la création de ramifications constituées par les galeries Saint-Marc, des Variétés (qui donne accès à l'entrée des artistes du théâtre), de la Bourse, Feydeau et Montmartre.De nos jours, il abrite encore la boutique du graveur alsacien Stern, qui date du début du XIXe siècle. Le salon de thé "l'Arbre à Cannelle" conserve le plafond à caissons et des éléments de décor de l'ancien chocolatier Marquis.

    Le passage des panoramas est un passage privé d’une longueur de 133 mètres, à usage public.Il est inscrit au monument historique en Juillet 1974.

    Passages CouvertsMoins élégant que les galeries Colbert et Vivienne, cependant c'est un endroit où il fait bon venir flâner!Il reste un des passages le plus fréquenté en raison de la proximité des Grands Boulevards, de plus il est très recherché pour ses nombreuses boutiques spécialisées dans la vente des timbres par les philatélistes.

     

    Galerie Vivienne, anciennement appelée Galerie Marchoux


    Passages Couverts

    La création de la galerie Vivienne est due à M. Marchoux, notaire, qui habitait un hôtel situé au numéro 6 de la rue Vivienne. Il racheta cet hôtel, ainsi qu'une maison au numéro 4 de la rue des Petits-Champs, et une maison située passage des Petits-Pères.Rebaptisée galerie Vivienne en 1825, ce passage couvert construit en 1823, selon les plans de l'architecte François-Jean Delannoy,  est inscrit aux monuments historiques en 1974. Sur 176 mètres de long et sous une lumière zénithale qui illumine le sol de mosaïque d'époque, s'affichent des boutiques au luxe raffiné à proximité du Palais Royal. Divers travaux ont été entrepris à la fin du XXè siècle, sous la direction de l’architecte Marc Saltet.  Un moment hors du temps dans un cadre exceptionnel d'où sa fréquentation régulière, cependant, il demeure  un endroit calme, permettant de couper la rue Vivienne et la rue des Petits-Champs, toujours encombrées, mais surtout, son atout est de se trouver à proximité du Palais Royal.

    Passages CouvertsLa galerie a gardé son aspect tranquille et bourgeois. Cette impression de se retrouver à la « Belle Époque » est renforcée par des commerces qui semblent être là depuis la construction de l’édifice, c’est le cas notamment de la librairie Jousseaume (anciennement librairie Petit Siroux fondée en 1826) au numéro 45, dont les clients les plus célèbres furent Colette et Aragon.

     

    Passages CouvertsLe très réputé caviste Legrand occupe quant à lui l’emplacement depuis 1880, boutique historique au 1 rue de la Banque à Paris, entre la Bourse et la Banque de France, dont l’échoppe existait déjà avant la construction de la galerie. Cédée il y a quelques années par les enfants du grand Lucien Legrand à un groupe d’investisseurs et gérée depuis lors par l’élégant et compétent Gérard Sibourd-Baudry, fin connaisseur du marché des grands et très grands vins, c’est certainement le caviste le plus haut de gamme de Paris.

    Au N°13, un imposant escalier mène à l’ancienne demeure du célèbre Vidocq, ancien bagnard devenu chef de police qui finit par fonder une milice privée au service des commerçants.Il comptait parmi ses relations, les meilleurs écrivains de l’époque : Victor Hugo, Alexandre Dumas et Balzac.

     

    Galerie Colbert

    Passages Couverts

    La galerie Colbert inscrite au monument historique en juillet 1974 est achetée par la Bibliothèque Nationale de France. Ce passage couvert parisien est situé dans le 2ème arrondissement accessible au 6 rue des Petits-Champs, et au 2 rue de Vivienne.

    Elle a été construite en 1826 par l’architecte J.Billaud  pour concurrencer la galerie Vivienne, à l’emplacement de l’ancien hôtel Colbert.C’est l’ancien hôtel Bautru qui fut édifié entre 1634 et 1637, sur les plans de Le Vau, pour Guillaume Bautru, seigneur de Serrant. Il fut le premier hôtel construit dans ce nouveau quartier.  Son fils le vend, en 1665, à Jean-Baptiste Colbert.

    Passages CouvertsJ. Billaud a conçu cette galerie dans un esprit néo-pompéien qui se distingue par une verrière soutenue par une série de frontons triangulaires et d’une magnifique et vaste rotonde éclairée par un dôme en verre. Au centre, il fit placer un candélabre en bronze portant une couronne de sept globes de cristal, éclairé au gaz, qu’on appelait le « cocotier lumineux ».

    Passages CouvertsAujourd’hui disparue, cette sculpture a été remplacée par une statue en bronze de 1822 réalisé par Charles-François Nanteuil-Leboeuf,  représentant Eurydice, l’épouse d’Orphée, piquée par un serpent.

    La galerie est fermée en 1975  au public en raison de son échec commercial.Après expertise, elle est démolie en 1982 puis reconstruite par l'architecte Adrien Blanchet dans un esprit proche de son état d’origine, l'inauguration a lieu en 1985. Propriété de l’état, elle abrite l’Institut national d’histoire de l’art, de nombreuses institutions liées à l’histoire de l’art et au patrimoine culturel.La Galerie Colbert est polyvalente par définition : passage public, elle est vouée à la circulation;ouvrant sur les diverses institutions scientifiques hébergées sur le site, elle est le poumon d’un vaste et prestigieux pôle de formation et de recherche en histoire de l’art.

    Passages CouvertsLa galerie, bordée de demi-colonnes en faux marbre, est ornée de motifs polychromes.

    Lors de son séjour à Paris, Hector Berlioz nous raconte dans  le chapitre XXIX de ses Mémoires une interprétation impromptue de la Marseillaise qui se passe peu après les trois glorieuses de 1830 dans un passage de la capitale à laquelle il participa. Il décrit  son trajet et bousculé par la foule en sortant du Palais-Royal il arrive à la galerie Colbert qu’il cite nommément. Il se réfugie au premier étage d’un magasin situé dans la rotonde et la description du passage qu’il fait, correspond précisément à la galerie Colbert. Cet évènement se trouve mentionnée dans la galerie Vivienne qui se l’attribue. Il serait normal de restituer cette anecdote à la galerie Colbert.

    Passages CouvertsC’est sous Louis-Philippe qu’un magasin de nouveauté appelé « Au Grand Colbert » ouvrit ses portes. Le nom fut conservé jusqu’en 1900. Il fut transformé en restaurant. C’était un des bouillons les meilleurs marchés de Paris. La brasserie traditionnelle « Le Grand Colbert » fut rénové dans ces moindres détails d’origine en même temps que la galerie. Elle possède une entrée sur la rue Vivienne et une dans la galerie. Elle n’est plus bon marché et elle fait salon de thé de 15h à 18h.

    Passages CouvertsEn passant sous le porche d’entrée du côté de la rue des Petits-Champs, sur le fronton intérieur, on peut voir une fresque qui représente le ministre Colbert favorisant le commerce.

     

     

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