• L'esplanade de la Concorde à Paris

    L'esplanade de la Concorde

    avec son Obélisque, ses Fontaines et ses 

    lampadaires à colonnes rostrales

    (Place de la Concorde à Paris)

     

    Même si vous n'avez jamais foulé de vos pas, la Place de Concorde,  vous avez eu certainement l'occasion de voir des reportages ou des photographies sur les trésors qu'elle recèle.La place de la Concorde se situe dans le VIII ème arrondissement de Paris, au pied de l’avenue des Champs-Élysées. Elle se distingue aujourd’hui par l’Obélisque de Louxor , par les prestigieux hôtels aux façades identiques, par les fontaines monumentales: la Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves, et les lampadaires à colonnes rostrales. Les touristes affluent pour déambuler sur cet esplanade atypique, qui figure parmi les sites les plus visités de la Capitale française.

     

    Cette  place la plus vaste de Paris, richement parée n'a pas toujours eu ce visage avenant.Dans le passé, elle a été témoin de bien des drames, l'odeur du sang était si forte, que les chevaux se cabraient en approchant de la place.À cette époque, elle ne s'appelait pas encore "Place de la Concorde" mais "Place Louis XV". Créée en 1772, la place de la Concorde a d’abord été connue pour avoir été l’un des lieux d’exécution pendant la Révolution Française. Louis XVI et Marie-Antoinette, Danton, Robespierre y furent guillotinés. C’est entre 1836 et 1846 que l’architecte Jacques-Ignace Hittorf a façonné la place pour devenir celle que l’on connaît aujourd’hui.

    Mais bien avant la révolution, la Place Louis XV était un ancien marécage.

     

     

    En 1748, pour fêter la guérison récente du roi Louis XV, les représentants de la Ville de Paris émettent le vœu de bâtir une place en l’honneur du souverain.Parmi les nombreuses propositions, celles de Jacques-Ange Gabriel, premier architecte du roi, va retenir l’attention : il a choisi un espace libre, un ancien marécage jusqu’alors sans fonction, aux marges de la ville, tout au bout du jardin des Tuileries.L’espace  forme une grande esplanade entre le jardin des Tuileries et les Champs-Elysées. 

    L'esplanade de la Concorde à ParisLes travaux commencent en 1758.Au nord de la place, Gabriel érige deux hôtels aux façades identiques : l’hôtel du Garde-Meuble (aujourd’hui appelé hôtel de la Marine), destiné à recevoir, comme son nom l’indiquait, le Garde-Meuble royal, et un hôtel destiné aux héritiers Law, pour les dédommager de la perte de leurs terrains. Aucune autre construction monumentale ne doit encadrer la place.

     

     

    Sculptée par Bouchardon et achevée par Pigalle en 1763, la statue équestre de Louis XV trône au cœur de la place, pierre angulaire de la décoration et de l'aménagement .  Quelques dessins et gravures témoignent de l'existence de cette sculpture  détruite à la Révolution. 

    Les quatre statues du piédestal symbolisent théoriquement les qualités du roi à savoir: la Force, la Justice, la Prudence et la Paix

     La statue équestre marque alors l'intersection des deux axes principaux: l'axe Est-Ouest, la perspective du jardin des Tuileries et des Champs Elysées, l'axe Nord-Sud, la perspective de la rue Royale et du pont prévu dans son alignement.

     

    Durant la Révolution de 1789, l'esplanade devient l'épicentre de la tourmente et change de nom.Désormais, elle s'appelle Place de la Révolution et  la guillotine a remplacé la sculpture du roi Louis XV détruite en 1792.Le point d'orgue sera l'exécution  de Louis XVI  guillotiné le 21 janvier 1793, suivie par sa femme Marie-Antoinette. Danton et Robespierre seront eux aussi guillotinés en place publique et plus d'un milliers de personnes subiront le même sort entre 1793 et 1795.

     

    La Place conserve aujourd'hui l'aspect général qu'elle avait au dix-huitième siècle.La statue en bronze de Louis XV, enlevée pendant la Révolution, a été remplacée par l'Obélisque de Louxor offert au roi Charles X par Méhémet Ali le vice-roi d'Egypte datant du XII ème siècle.Le monument, d'un poids de 230 tonnes et mesurant 23 mètres de hauteur, se trouvait à l'origine dans le Temple de Thèbes (Louqsor). Il arrive à Paris sous le règne de Louis-Philippe, après un voyage de quatre années. L'obélisque est fabriqué en granit rose d’Assouan recouvert de hiéroglyphes  qui retracent les victoires de Ramsès II. Le socle décrit les moyens techniques qui ont permis son transport et son érection sur la place, à savoir: deux inscriptions et deux épures gravés en creux, indiquant les travaux exécutés par Lebas, ingénieur de la marine, pour l'abattage et l'embarquement de l'obélisque en 1831 à Louxor et pour son érection le 25 octobre 1836. 

     


    L'obélisque formant un gigantesque un cadran solaire est situé au centre d'un octogone dont les deux centres sont deux fontaines construites à la même époque. 

    À chaque angle de l'octogone se trouve une statue qui repose sur un petit pavillon appelé guérite de Gabriel, en souvenir du premier architecte du roi Louis XV et symbolise une des 8 grandes villes françaises: Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Brest et Rouen.  

    Plusieurs caractéristiques donnent à ces statues une belle homogénéité : une couronne représentant une tour de château, une coiffure très richement réalisée, une robe drapée, une position assise, regardant vers le centre de la place, des attributs à chaque main représentant la richesse ou les armes de la ville représentée.

     

    Au nord, la place est bordée par deux majestueux hôtels-jumeaux, dotés de colonnades corinthiennes et ornés de frontons qui représentent des allégories d'une grande finesse. Érigés de 1763 à 1772 sur des dessins de Gabriel, ils s'inspiraient de la colonnade du Louvre de Claude Perrault et devaient accueillir des logements pour les ambassadeurs.

     

     

    En 1788, le comte François Félix de Crillon fit l'acquisition du bâtiment, construit par l'architecte Louis-François Trouard(1729-1794), qui fut transformé en hôtel de luxe au début du XXe siècle:  l'Hôtel Crillon. La façade fut classée monument historique en 1900. 

     

     L'Hôtel du ministère de la Marine (bâtiment surmonté du drapeau aux couleurs de la France)  se situe à l'est de la rue Royale.

    L'Hôtel de la Marine est un des deux grands palais conçus pour orner la place royale commandée par Louis XV au XVIIIe siècle.À son ouverture en 1774, le monument appelé « l'Hôtel du Garde-meuble » abrite l'administration du Garde-meuble de la Couronne, ancêtre du Mobilier national.Pendant la Révolution française, en 1789, Louis XVI et ses ministres sont contraints de quitter Versailles pour Paris. Le ministère de la Marine s'installe partiellement au Garde-meuble. En 1806, il occupe l'ensemble du bâtiment qui devient « Hôtel de la Marine ». La Marine y reste jusqu'en 2015.

     

    Situées de part et d'autre de l'obélisque de la Concorde, deux fontaines monumentales:

    au sud, la Fontaine des Mers et au nord la Fontaine des Fleuves, elles  symbolisent la navigation maritime et la navigation fluviale inaugurées le 1er mai 1840 par le préfet Rambuteau.Elles trouvent leur inspiration dans les fontaines de la place Saint Pierre de Rome, la Fontaine de Maderno et la Fontaine du Bernin. La place de la Concorde, fontaines comprises, sera classée monument historique le 23 août 1937. 

    Une fontaine dédiée aux fleuves au Nord, près de la rue Royal, elle célèbre la navigation fluviale.

    Deux fleuves sont à l’honneur : le Rhin et le Rhône. Ils ont à leurs pieds les produits de ces régions : raisins, blé, fruits, fleurs… Et puis, on glorifie aussi le génie humain au travers de la navigation fluviale, l’agriculture et l’industrie.

     

    La seconde fontaine, pour les mers, du côté de la Seine, au Sud, elle célèbre quant à elle la navigation maritime.

    Ici, c’est l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée qui sont à l’honneur. On y voit ainsi la pèche aux poissons, aux coraux, aux perles. 

    Des petits génies entourent également les grandes statues : il s’agit de la navigation marine, le commerce et l’astronomie. 

    Pour la réalisation des statues ornant ces fontaines, l'architecte fera appel à de nombreux artistes : Jean-François-Théodore Gechter, Honoré-Jean-Aristide Husson, François Lanno, Auguste-Hyacinthe Debay, Antoine Desboeufs, Jean-Jacques Feuchère, Antonin-Marie Moine, Jean-Jacques Elshoecht et Louis-Parfait Merlieux.

    Côté rue Royale : Le Rhône et le Rhin par Gechter; La Moisson et La Vendange par Husson; La Récolte des fleurs et La Récolte des fruits par Lanno; L'Agriculture, l'Industrie, la Navigation fluviale par Brion. Moine, Elshoecht et Merlieux sculpteront les trois Tritons et les trois Néréides tandis que Hoegler prendra en charge la sculpture ornementale.

    Côté Seine : L’Océan et la Méditerranée par DeBay; La Pêche des perles et La Pêche des coquillages par Valois; La Pêche des poissons et La Pêche des coraux par Desboeufs; L’Astronomie, le Commerce et la Navigation maritime par Feuchères. Moine, Elshoecht et Merlieux sculpteront également les trois Tritons et les trois Néréides tandis que Hoegler prendra en charge la sculpture ornementale.

     

     

    Les colonnes rostrales qui décorent la place ont été dessinées par l’architecte Jacques Ignace Hittorff chargé de l’aménagement de la place.Elles représentent des proues de navires portant l’emblème de la ville de Paris. Elles sont intercalées avec des lampadaires dont elles complètent la fonction d’éclairage de la place. Ces colonnes de fonte ont été réalisées par les fonderies de Tusey.

    Les colonnes à rostre datent de la Rome antique.Celles de la place de la Concorde au nombre de dix-huit sont posées sur un piédestal en pierre, elles sont formées de trois niveaux : une première élévation ornée qui correspond à  un long fût,  deux lanternes reposant sur les rostres évoquant deux proues de bateaux,  une seconde élévation cannelée et la lampe sommitale orné de divinités marines ressemblant à un chapiteau mixte avec quatre mascarons surmonté d’un cache à la manière d’un phare. Les colonnes rostrales étaient souvent érigées pour fêter une victoire maritime.

    La place se veut ainsi une célébration du génie naval de la France, en référence à la présence, dans l'un des deux hôtels édifiés par Gabriel, du ministère de la Marine.

     

     

     

     

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    Sources:

    http://laparisienneetsesphotos.eklablog.com/place-de-la-concorde-la-fontaine-des-fleuves-a105893862

    https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/fontaine-des-fleuves-place-de-la-concorde-paris/

    https://vicedi.com/place-de-la-concorde/

    https://www.parisinfo.com/transports/90907/Place-de-la-Concorde

    http://www.paris-autrement.paris/fontaine-des-mers-place-de-la-concorde-paris-2/

    https://www.paristoric.com/index.php/sciences-et-nature/fontaines-et-bassins/1282-les-fontaines-de-la-place-de-la-concorde

    http://www.nella-buscot.com

    http://users.skynet.be/christophelaroy/concorde1.htm

    https://www.histoire-image.org/fr/etudes/erection-obelisque-louxor

    https://www.grandearche.com/obelisque-de-paris-concorde/

    https://www.baudelet.net/paris/concorde.htm

    https://www.histoires-de-paris.fr/statues-des-villes-concorde/

    http://peccadille.net/2014/05/09/avant-la-concorde-et-lobelisque-la-place-louis-xv/

    https://gallica.bnf.fr

    http://paristoric.com/index.php/paris/architecture-de-la-ville/dictionnaire-architecture/1033-les-colonnes-rostrales

    http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=75108_12

    https://www.histoires-de-paris.fr/lampadaires-place-concorde/

    http://paris1900.lartnouveau.com/paris08/concorde/les_deux_palais.htm

    http://paris1900.lartnouveau.com/paris08/concorde/l_obelisque_de_la_concorde.htm

    http://mamiefrancoisealecole.blogspot.com/2014/11/la-place-de-la-concorde.html

     

     

     


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